Les loges des livres

24 janvier 2009

Le Petit Prince

Antoine de Saint-ExupéryVoyez-vous ce bonhomme, seul, désespéré devant la carlingue de son avion, perdu en plein désert ? Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et homme de lettres, eu une production littéraire en dehors des chemins traditionnels. Son livre le plus connu « Le Petit Prince » a été traduit dans 180 langues. On ne parle alors plus de succès, mais d’obus dans le monde littéraire. Les nombreuses adaptations, tant phonographiques que filmographiques, en attestent la véritable portée.

A travers l’histoire d’un petit garçon, l’auteur explore les bas fonds de l’âme humaine, la fouille, lui assène des critiques profondément ancrées en son sein. Plus d’un demi-siècle après sa parution, on ne peut que constater l’éternelle vérité qui se dégage de ce conte philosophique.

 

Le conte confère au lecteur un univers facilement accessible, qui le fait entrer dans les mots, et lui fait partager les rêves d’un auteur. Les mots du Petit Prince nous emmènent sur les 7 planètes qu’il visite, de la planète du roi en passant par celle du businessman ou de l’allumeur de réverbères, on découvre peu à peu les frasques des hommes, on rit et on s’attriste, finalement, que l’homme soit cet animal si peu réfléchi. Qu’on soit petit, jeune ou adulte, le Petit Prince s’impose à nos oreilles comme un rêve. Mais le découvrir petit, le redécouvrir jeune, et le comprendre adulte, c’est un rêve qui grandit, qui se forme et qui nourrit nos vies. Si nourrir sa vie est bien le but ultime de la littérature, rêver en est son chemin. Reprenons le chemin en relisant ce Petit Prince, redécouvrons l’espoir de notre humanité, redirigeons nous vers l’absolue beauté des rapports humains en relisant le chef d’œuvre de cet aviateur humaniste. Si vous avez déjà lu et relu cette leçon de vie, vous pourrez peut être découvrir le Petit Prince d’une autre manière ; l’actualité lui consacre en effet une bande dessinée, sous la plume avisée de Johan Sfar.

 

28 décembre 2008

Le rivage des Syrtes

Livres de J.GracqJulien Gracq est un écrivain à part. Ses livres le sont, évidemment, aussi. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est son troisième roman « Le rivage des Syrtes ». Paru en 1951, aux éditions José Corti (son seul et unique éditeur, si l’on excepte Gallimard qui publia les œuvres de Julien Gracq dans la collection La Pléiade), ce roman eut la particularité de recevoir le prix Goncourt l’année de sa parution. Particularité non des moindres, puisque son auteur refusa le dit prix, ce qui était une première dans le monde confiné des prestigieux prix littéraires (le même monde confiné qui refusa de donner son obole au Voyage au bout de la nuit de Céline vingt ans plus tôt). Gracq avait pourtant prévenu et ce, avant même que son livre soit choisit.

Si on ne peut pas savoir véritablement les raisons qui ont poussé l’écrivain a refusé le fameux prix, on peut en revanche comprendre pourquoi les juges de ce dernier lui ont rendu cet hommage.

Car « Le rivage des Syrtes » est un roman fascinant, comme rarement il nous arrive d’en lire. L’auteur nous plonge dans l’irréalité de l’Histoire. Pas d’une histoire, mais de l’Histoire. Plus qu’un récit intemporel, « Le rivage des Syrtes » est un obus jeté à la face de notre imagination, et à notre Histoire commune.

Relayée par Aldo, un jeune notable de la capitale Orsenna, nous suivons la plume de l’auteur dans les méandres du désert des Syrtes, non loin des côtes mystérieuses du Farghestan, l’ennemi de toujours. L’indicible beauté des phrases n’a d’égal que la fluidité du style, qui, bien que chargé et dense, nous offre une formidable leçon de langue française.

Gracq nous fait sentir les odeurs des pièces qu’il pénètre, il nous fait voir les paysages des bords de mer, il nous aide à nous immiscer dans notre propre imaginaire lointain et profond.

Et, l’auteur décrivant lui-même son roman, nous lance une invitation à la rencontre de nos songes secrets : « J’aurais voulu qu’il ait la majesté paresseuse du premier grondement lointain de l’orage, qui n’a aucun besoin de hausser le ton pour s’imposer, préparé qu’il est par une longue torpeur imperçue ». De loin, on entend le vent des Syrtes…

19 novembre 2008

La bibliothèque du géographe

CouvertureDécevant. C’est le premier mot qui nous vient pour parler de ce livre de Jon Fasman. Nul, c’est le second.

Pourtant tout commence bien. Titre alléchant, style semble t-il fluide et entraînant, bref on croit être sur le point de passer un agréable moment littéraire. Mais il n’en est rien, au lieu de se délecter on s’ennuie. On perd même presque son temps. Du moins, on aurait pu l’employer à autre chose. A un autre livre par exemple. 

Paul Tomm, journaliste débutant d’une petite ville du Connecticut est confronté au meurtre de Jaan Pühapäev, professeur d’histoire à l’université d’une bourgade du coin. Dès lors, le petit journaliste tourmenté par sa vie, son œuvre, etc. va rencontrer des personnages tous plus clichés les uns que les autres. Du flic crocheteur de serrures, buveur de bières, roteur et vulgaire, au rédacteur en chef fumeur et buveur de café, solidement installé sur son siège de bureau, les pieds sur la table, en passant par la jeune et jolie professeur de musique du collège, pieuse et mystérieuse, on se lasse rapidement.

De nos jours, les Etats-Unis ne suscitent pas l’admiration de tous, et ce, du fait de ses trop nombreux clichés. Une occasion de se réconcilier avec la plus grande puissance du monde est manquée grâce à ce livre sans intérêt. Et ce ne sont pas les 470 pages rassurantes, les passages historiques, voire didactiques qui nous feront changer d’avis. Du géographe arabe au tueur de l’ex-URSS, des Lords anglais aux voleurs de bijoux estoniens, la liste est longue et décevante de mauvais clichés. Inclure des histoires sombres et sordides de ressortissants de l’ex-URSS ne change pas la physionomie d’un roman. Elle l’enfonce au contraire. Une plume trop mal organisée, un peu cafouilleuse, renforce l’impression de déception de ce roman, pas franchement indispensable de se procurer pour un renforcement quelconque de bibliothèque. A moins que vous ne soyez géographe, et là on ne pourra pas vous vouloir. On vous avait dit que le titre était alléchant…

En attendant Godot

Première édition, 1953A quoi s’attendre ? Que nous réserve l’inconnu ? Qui est ce Godot ? Que faisons-nous en ce bas monde ?  

Voici différentes questions que nous pose Samuel Beckett dans son excellent “En attendant Godot“. Estragon et Vladimir, eux, l’attendent avec impatience ce Godot. Et nous aussi d’ailleurs. Mystérieux autant qu’imprévisible, ce dernier peine à se montrer, au grand dam des deux pauvres diables qui l’attendent. Décor étrangement inamovible, personnages bizarrement inactifs, cette pièce de théâtre (la plus célèbre de Beckett), nous entraine dans un univers inclassable, haut en couleurs, avec des dialogues superbes que Beckett sait magistralement mettre en scène. A coup sûr, cette pièce est une des plus drôle du paysage littéraire européen, et l’avoir lue est sans conteste un service que l’on se rend à soi-même, tant l’évasion à la Beckett n’a pas d’égal.

Plonger dans un univers hors normes, s’esclaffer au devant de personnages qui valent bien leur pesant de ridicule, dévorer des pages parce que c’est juste génial, c’est tout ça que nous propose Samuel Beckett dans ce monument d’ humour et de théâtre, dans ce chef d’œuvre formidable.

“En attendant Godot” ne vous laissera pas de marbre, et même l’esprit critique le plus aigu ne pourra que se détendre à la lecture de cette pièce. Ajoutons que le ram dam qu’a suscité la sortie de la pièce fut telle, que les gens se déplaçaient au théâtre rien que pour assister au scandale de cette pièce que l’on conspuait et que l’on huait.

Il est loin où l’on pouvait encore lancer des tomates à la tête des mauvais acteurs, mais vous pouvez vous faire votre propre opinion de ce que l’année 1953 a sorti de mieux en littérature, en lisant  En attendant Godot. Sublime, un point c’est tout.

4 novembre 2008

Trouble dans les andains

Boris Vian

Troublant. Oui madame, oui monsieur, le premier roman de Boris Vian est troublant. Paru en 1966, ce premier opus allait valoir à l’écrivain sa renommée dans les sphères fermées de la littérature. Son style y est mis en place, soigneusement, avec cette aisance qu’on imagine. Parce que Boris Vian ne force pas son talent, parce qu’il écrit ce qu’il est, voila pourquoi. «  Trouble dans les andains » apparaît ainsi comme une réussite pour certains, comme la preuve d’un nouveau génie littéraire, mais peut paraître difficile d’accès pour un quidam de passage dans une bibliothèque. Car ce n’est que par l’amour des mots, leur mise en situation, leur simplicité et leur usage que Boris Vian nous emmène au bout de son roman. Il ne faut pas y chercher une histoire avec un héros, auquel il arrive toutes sortes d’aventures. Non madame, non monsieur. Boris Vian vous remercie de votre intérêt pour son livre, mais ne vous donne pas raison pour autant. C’est comme si Vian avait écrit un livre pour lui, s’était raconté une histoire. Vous ne le ferez pas écrire pour vous. Au contraire, il vous emmènera (ou non) dans son univers bien à lui. A lire « Trouble dans les andains », on ne gagne ni ne perd rien. C’est juste un moment de littérature qu’on aime ou qu’on déteste, mais ce n’est rien d’autre. C’est une histoire loufoque, étrange et drôle, qui n’existe nulle part ailleurs. Un ami à qui j’ai fait lire ce livre, me l’a rendu se targuant d’un « excellent ton bouquin », alors qu’un autre m’a confessé ne pas avoir dépassé le tiers du « torchon » que je lui avais prêté.
Alors pour se faire une idée par soi même et entrer dans le monde de Boris Vian, alias Vernon Sullivan, pour essayer d’y voir plus clair dans son œuvre, jetons un œil au premier roman de l’écrivain « Trouble dans les andains » et savourons les mots, rien que les mots.

Le vieil homme et la mer

Ernest Hemingway

Il fallait que je vous parle ici de ce roman d’Ernest Hemingway, de l’histoire de ce vieil homme et de sa condition, de cette mer porteuse de pêcheurs et de gros poissons, de ce joyau littéraire qu’est « Le vieil homme et la mer ». Déjà maintes et maintes fois analysé par la critique, ce conte pour enfant s’avère être néanmoins d’une justesse sans pareille pour les grandes personnes en manque de simplicité et de rêve.

C’est l’histoire d’un vieil homme, pêcheur dans la baie de Cuba et passionné de base-ball, et d’un gamin passionné par la pêche et par le vieil homme. Leurs rapports sont simples et font office d’une humanité remarquable. Quand le gamin ne vient pas apporter le dîner du vieil homme, c’est le vieil homme qui s’en va réveiller le gamin pour partir à la pêche. Tous deux parlent de base-ball et de pêche, et parfois de femmes, quand ils en ont le temps. L’un questionne, l’autre répond. Et puis un jour, le vieil homme part pêcher, seul, respectant l’interdiction faite par les parents du gamin d’emmener ce dernier à la pêche avec lui. Il est tôt, le soleil n’est pas encore levé de ce côté là de la terre, et l’histoire de ce vieux pêcheur de Cuba est sur le point de prendre un nouveau cap… Une fois qu’on a connu le vieil homme d’Hemingway, on ne peut s’empêcher de penser à lui, et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte, on se laisse bercer par le flot apaisant dans lequel nous plonge Hemingway. S’il est une chose que l’on puisse conseiller aux lecteurs de tous les pays et de toutes les nationalités, c’est bien de lire Le vieil homme et la mer, cette leçon de courage et d’humanité, dictée de la maître main de son auteur.

 

Voyage au bout de la nuit

 

Jacques Tardi, illustrateur du Voyage au bout de la nuit

 Vous le connaissez vous Bardamu ? Non ? Et bien rassurez vous, vous pouvez encore le rencontrer, en lisant le chef d’oeuvre de L.F Céline, Voyage au bout de la nuit.

Bardamu est un anti-héros qui saura néanmoins vous emmener jusqu’au bout du voyage. Il voyage, Bardamu, certes, mais sans ticket. Et il va vite. Pénétrer dans son univers n’est donc pas chose facile. Il nous emmène loin, si loin qu’on est de moins en moins sûr de revenir indemne au fur et à mesure que les pages défilent. De l’Afrique à New York, des conquêtes féminines aux coups bas, Bardamu nous fait rêver, car il représente notre condition réelle et honteuse à la fois. Et ne parlons pas des polémiques diverses et variées qui ont fait de Céline le plus célèbre des écrivains antisémites de l’histoire de la littérature française ! Cessons de nous attacher aux faits divers de l’homme et intéressons nous à son livre qui, rappelez vous, a manqué le prestigieux (?) prix Goncourt en 1936. Les spécialistes se font d’ailleurs un plaisir de rappeler qu’on ne se souvient pas du livre lauréat, tant le Voyage au bout de la nuit était pressenti comme le grand gagnant. Et il y a bien une raison à cela. Le “Voyage”, apparaît comme une oeuvre décalée dans l’histoire de la littérature, car son auteur l’a doté d’un style neuf, propre et unique à la fois.

Pour s’en rendre compte, il faut avoir lu le premier roman de Monsieur L.F Céline, génie parmi les génies, esthète littéraire de premier ordre, écrivain contesté et adulé par ses pairs. Plonger dans le Voyage au bout de la nuit, c’est ne pas être sûr de revoir le jour, et c’est bien cela la particularité d’une oeuvre littéraire, c’est qu’elle ne laisse pas indemne.

 

Regain

Jean GionoDe la fraîcheur et de la poésie, voilà tout ce qui compose ce chef d’oeuvre de Jean Giono, intitulé “Regain”. Et ce sont bien là des notions justes pour qualifier ce roman paru en 1930, ” Regain” apparait alors comme un roman incontournable dans le paysage littéraire français. Aubignane est un petit village des Basses-Alpes, qui ne compte que trois habitants : Panturle, Gaubert et Mammèche. L’ennui et la solitude rythment les premières pages du roman, qui ne sont troublées que par les quelques coups que Gaubert, le forgeron, assène à son enclume. De plus, rien ne laisse présager une amélioration quelconque, tant l’aridité des champs et la rudesse du climat sont pesantes. Pourtant, suite au départ de Gaubert, Mammèche qui demeure la seule présence féminine du village, se met en tête de trouver une femme à Panturle, afin de redonner vie au village… Raconter la suite serai un crime impardonnable. En effet, ” Regain ” est une histoire qui se découvre seul, car il appartient à chacun de goûter au plaisir égoïste d’un chef d’oeuvre littéraire. On plonge sereinement dans l’univers de Panturle, on s’attache sans résister à la fraîcheur du style de l’auteur qui nous mène tranquillement au fil des pages. Installés confortablement, ” Regain” est un livre que l’on ouvre volontiers au moment de la sieste, par une chaude après-midi d’été, et sur lequel on se repose, insatiablement. Laissez vous guider par le ” Regain” de Jean Giono, et savourez, tout simplement…

Conversations à Bueno Aires

Maison de Bueno AiresNous sommes en 1974, à Bueno Aires. Un journaliste, Orlando Barone, décide un jour de réunir autour de la même table littéraire deux fameux écrivains du XX° siècle : Jorge Luis Borges et Ernesto Sabato. L’alchimie qui découle dès lors de cette recontre est étonnante. Cet entretien de 180 pages nous fait découvrir une littérature différente, à travers deux personnalités fortes, qui posent un regard critique sur le monde qui les entoure. Orchestré par le brillant journaliste, les deux hommes se livrent avec délectation semble t-il, un jeu de questions-réponses sur tous les sujets. Qu’elles soient religieuses, sociales, ou littéraires, les conversations de ces deux penseurs incontournables de la littérature argentine, nous transportent dans un univers intellectuel de premier ordre, et l’on ne s’en plaint pas. Pourquoi Don Quichotte de la Manche a t-il suscité tant de critiques depuis sa parution, quel est l’avenir de la littérature fantastique, quel est le rôle de la religion dans la littérature d’aujourd’hui… Autant de sujets passionnants pour certains, rébarbatifs pour d’autres, mais qui ont en commun de ne pas laisser insensible. On est forcément interpellé par telle ou telle idée, par la façon dont l’un expose sa manière de penser à l’autre, par les questions du journaliste, ou encore par l’atmosphère qui se dégage de ses conversations dans un bar de Bueno Aires. Pour ainsi dire, voici un livre passionnant et intelligent, qui démontre une fois de plus toute la puissance de la littérature, à travers le regard de deux de ses bienfaiteurs, Jorge Luis Borges et Ernesto Sabato.

Erasme, grandeur et décadence d’une idée

ErasmeOn ne soupçonne peut être pas assez quel génie littéraire était Stefan Zweig, auteur réputé pour ”Le joueur d’échecs”, ” La confusion des sentiments ”, ou encore ” Amok”. Mais on sait aussi qu’il avait de grands talents de biographe. Celle d’Amerigo Vespucci en est une preuve, celle d’Erasme en est l’évidence. Erasme que l’on connaît plus de nos jours à cause du système d’échanges étudiants européens ”Erasmus”, devient le temps d’une biographie, un être fascinant dans une époque fascinante. Véritable pont entre le XV° et le XVI° siècle, Erasme est trop souvent considéré comme un humaniste parmi les autres. Et pourtant, Zweig nous démontre au cours des 185 pages de sa biographie qu’Erasme n’était pas seulement un grand humaniste, mais un de ces précurseurs que le monde a eu la chance d’enfanter un jour. Un de ces hommes qui au-delà des connaissances, des croyances et des règles sociales, eu l’audace et le courage de proposer plus, de chercher plus, et de découvrir plus. Tel un Galilée ou un Léonard de Vinci, Erasme a marqué son temps et son époque comme nul autre. Homme de lettres averti, voyageur déconcertant, passionné incorrigible, Erasme fut un exemple d’érudition et de droiture pour des Spinoza ou des Voltaire qui ne niaient pas l’avoir comme père spirituel. Et Zweig dans tout ça ? Il faut savoir qu’à l’époque de la parution de cette biographie en 1935, l’Europe est confrontée aux montées des totalitarismes qui la mèneront vers la guerre. Le parallèle est clair : Zweig l’autrichien nous expose ses peurs et ses doutes à travers l’écriture de la vie de celui qui fut considéré comme le premier européen. Zweig nous apparaît ainsi, médiateur et visionnaire comme l’eut été son maître à penser, Erasme. Pas seulement une ode à un homme, cette biographie (comme toutes les biographies de Stefan Zweig) vise plus loin, cherche autre chose. Et trouve.

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