Voyez-vous ce bonhomme, seul, désespéré devant la carlingue de son avion, perdu en plein désert ? Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et homme de lettres, eu une production littéraire en dehors des chemins traditionnels. Son livre le plus connu « Le Petit Prince » a été traduit dans 180 langues. On ne parle alors plus de succès, mais d’obus dans le monde littéraire. Les nombreuses adaptations, tant phonographiques que filmographiques, en attestent la véritable portée.
A travers l’histoire d’un petit garçon, l’auteur explore les bas fonds de l’âme humaine, la fouille, lui assène des critiques profondément ancrées en son sein. Plus d’un demi-siècle après sa parution, on ne peut que constater l’éternelle vérité qui se dégage de ce conte philosophique.
Le conte confère au lecteur un univers facilement accessible, qui le fait entrer dans les mots, et lui fait partager les rêves d’un auteur. Les mots du Petit Prince nous emmènent sur les 7 planètes qu’il visite, de la planète du roi en passant par celle du businessman ou de l’allumeur de réverbères, on découvre peu à peu les frasques des hommes, on rit et on s’attriste, finalement, que l’homme soit cet animal si peu réfléchi. Qu’on soit petit, jeune ou adulte, le Petit Prince s’impose à nos oreilles comme un rêve. Mais le découvrir petit, le redécouvrir jeune, et le comprendre adulte, c’est un rêve qui grandit, qui se forme et qui nourrit nos vies. Si nourrir sa vie est bien le but ultime de la littérature, rêver en est son chemin. Reprenons le chemin en relisant ce Petit Prince, redécouvrons l’espoir de notre humanité, redirigeons nous vers l’absolue beauté des rapports humains en relisant le chef d’œuvre de cet aviateur humaniste. Si vous avez déjà lu et relu cette leçon de vie, vous pourrez peut être découvrir le Petit Prince d’une autre manière ; l’actualité lui consacre en effet une bande dessinée, sous la plume avisée de Johan Sfar.
Julien Gracq est un écrivain à part. Ses livres le sont, évidemment, aussi. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est son troisième roman « Le rivage des Syrtes ». Paru en 1951, aux éditions José Corti (son seul et unique éditeur, si l’on excepte Gallimard qui publia les œuvres de Julien Gracq dans la collection La Pléiade), ce roman eut la particularité de recevoir le prix Goncourt l’année de sa parution. Particularité non des moindres, puisque son auteur refusa le dit prix, ce qui était une première dans le monde confiné des prestigieux prix littéraires (le même monde confiné qui refusa de donner son obole au Voyage au bout de la nuit de Céline vingt ans plus tôt). Gracq avait pourtant prévenu et ce, avant même que son livre soit choisit. 






