Décevant. C’est le premier mot qui nous vient pour parler de ce livre de Jon Fasman. Nul, c’est le second.
Pourtant tout commence bien. Titre alléchant, style semble t-il fluide et entraînant, bref on croit être sur le point de passer un agréable moment littéraire. Mais il n’en est rien, au lieu de se délecter on s’ennuie. On perd même presque son temps. Du moins, on aurait pu l’employer à autre chose. A un autre livre par exemple.
Paul Tomm, journaliste débutant d’une petite ville du Connecticut est confronté au meurtre de Jaan Pühapäev, professeur d’histoire à l’université d’une bourgade du coin. Dès lors, le petit journaliste tourmenté par sa vie, son œuvre, etc. va rencontrer des personnages tous plus clichés les uns que les autres. Du flic crocheteur de serrures, buveur de bières, roteur et vulgaire, au rédacteur en chef fumeur et buveur de café, solidement installé sur son siège de bureau, les pieds sur la table, en passant par la jeune et jolie professeur de musique du collège, pieuse et mystérieuse, on se lasse rapidement.
De nos jours, les Etats-Unis ne suscitent pas l’admiration de tous, et ce, du fait de ses trop nombreux clichés. Une occasion de se réconcilier avec la plus grande puissance du monde est manquée grâce à ce livre sans intérêt. Et ce ne sont pas les 470 pages rassurantes, les passages historiques, voire didactiques qui nous feront changer d’avis. Du géographe arabe au tueur de l’ex-URSS, des Lords anglais aux voleurs de bijoux estoniens, la liste est longue et décevante de mauvais clichés. Inclure des histoires sombres et sordides de ressortissants de l’ex-URSS ne change pas la physionomie d’un roman. Elle l’enfonce au contraire. Une plume trop mal organisée, un peu cafouilleuse, renforce l’impression de déception de ce roman, pas franchement indispensable de se procurer pour un renforcement quelconque de bibliothèque. A moins que vous ne soyez géographe, et là on ne pourra pas vous vouloir. On vous avait dit que le titre était alléchant…

